Article · Réglementation

Location courte durée : ce qui change en 2026.

Enregistrement généralisé, plafond de nuitées abaissé dans certaines communes, fiscalité revue, exigences énergétiques : la loi Le Meur a rebattu les cartes. L’essentiel, en clair.

L’essentiel en 30 secondes

  • Enregistrement : la déclaration avec numéro d’enregistrement est généralisée à l’ensemble du territoire, et ce numéro doit figurer sur chaque annonce.
  • Résidence principale : 120 nuits par an au maximum par défaut, mais les communes peuvent abaisser ce plafond jusqu’à 90 nuits. Comptez vos nuits.
  • Fiscalité : depuis les revenus 2025, l’abattement micro-BIC passe à 30 % (plafond 15 000 €) pour un meublé de tourisme non classé et à 50 % (plafond 77 700 €) pour un meublé classé. Effet sur votre net : comparateur location nue, meublée ou Airbnb.
  • DPE : la performance énergétique devient un critère pour certains meublés de tourisme.
  • Communes et copropriétés : leurs outils pour encadrer la location courte durée sont renforcés.

La loi Le Meur, de quoi parle-t-on ?

La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale, dite « loi Le Meur », poursuit un objectif affiché : mieux équilibrer location touristique et logement permanent, en donnant davantage de leviers aux communes. Elle touche à la fois l’urbanisme, la fiscalité, l’énergie et la copropriété.

Son application est progressive : certaines mesures étaient immédiates, d’autres dépendent de décrets ou de délibérations municipales. C’est pourquoi deux propriétaires dans deux communes voisines peuvent aujourd’hui être soumis à des règles différentes.

Le numéro d’enregistrement partout

Jusqu’ici, seules certaines communes imposaient une déclaration avec numéro d’enregistrement. La loi généralise ce dispositif à tous les meublés de tourisme : depuis le 20 mai 2026, la déclaration doit passer par un téléservice national, et tant qu’il n’est pas en service dans votre commune, la démarche reste celle de votre mairie. Le numéro doit apparaître sur chaque annonce, et les plateformes ont l’obligation de le vérifier.

Concrètement : si votre annonce ne comporte pas de numéro valide, elle risque d’être retirée, et vous vous exposez à des sanctions financières que la loi a nettement renforcées.

La démarche, étape par étape : numéro d’enregistrement de meublé de tourisme.

Résidence principale, résidence secondaire

Votre résidence principale

Une résidence principale est un logement occupé au moins huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure. Vous pouvez donc la louer au maximum 120 nuits par an. Nouveauté : depuis 2025, les communes peuvent abaisser ce plafond jusqu’à 90 nuits. Renseignez-vous sur la délibération éventuelle de votre mairie. Pour la louer pendant vos vacances : le guide pas à pas.

Une résidence secondaire ou un logement dédié

Dans les communes qui l’ont instauré, louer en courte durée un logement qui n’est pas votre résidence principale suppose une autorisation de changement d’usage, parfois assortie d’une obligation de compensation. Les maires disposent en outre de nouveaux outils : quotas d’autorisations, zones réservées à la résidence principale dans le plan local d’urbanisme. Dans les Hauts-de-Seine, l’autorisation s’applique partout : voir les règles commune par commune.

Vous vivez à l’étranger ? Votre logement en France compte en général comme résidence secondaire : enregistrement, et souvent changement d’usage. On vérifie votre cas au 1er appel (pas un conseil juridique).

Propriétaire bailleur : passer du bail à la courte durée

  • Le bail en cours : le passage se fait au départ du locataire ; louer en Airbnb n’est pas un motif de congé prévu par la loi du 6 juillet 1989.
  • L’usage du logement : selon la commune, un changement d’usage peut être exigé.
  • La fiscalité : on passe des revenus fonciers au régime des meublés (BIC) ; à valider avec un expert-comptable.
  • L’équipement : prévoyez un budget ameublement et linge.

Au 1er appel, on compare net à net avec votre loyer actuel : si le bail reste meilleur, on vous le dit. On vérifie votre cas, sans que ce soit un conseil juridique. Mon avis d’hôte, avantages et inconvénients compris : pourquoi je préfère la location courte durée.

Fiscalité : le micro-BIC resserré

C’est le changement le plus sensible pour beaucoup de propriétaires. Pour les revenus perçus à partir de 2025, déclarés en 2026, le régime micro-BIC des meublés de tourisme devient :

  • Meublé de tourisme non classé : abattement de 30 %, dans la limite de 15 000 € de recettes annuelles.
  • Meublé de tourisme classé : abattement de 50 %, dans la limite de 77 700 € de recettes annuelles.

Plusieurs logements ? Les recettes s’additionnent : au-delà de 15 000 € (meublé non classé), régime réel ; au-delà de 23 000 €, le statut LMP peut s’appliquer. À valider avec votre expert-comptable.

Au-delà de ces plafonds, ou si vous le choisissez, le régime réel s’applique : il permet de déduire les charges réelles, mais demande une comptabilité plus rigoureuse. Le classement (de 1 à 5 étoiles, délivré après visite d’un organisme accrédité) redevient donc un sujet à étudier. Le bon choix dépend de vos chiffres : c’est typiquement une question pour un expert-comptable.

Performance énergétique (DPE)

La loi introduit des exigences de diagnostic de performance énergétique pour les meublés de tourisme. Pour les logements soumis à autorisation de changement d’usage, un DPE minimal est exigé, avec un niveau qui se durcit progressivement jusqu’en 2034. Les résidences principales louées ponctuellement ne sont pas visées par cette exigence, et la mairie peut demander à consulter le DPE.

Si votre logement est classé F ou G, anticipez : des travaux ciblés (isolation, chauffage, ventilation) améliorent aussi le confort, donc les avis.

Copropriété

La loi facilite l’encadrement de la location courte durée en copropriété : les nouveaux règlements doivent préciser si elle est autorisée, et une interdiction peut, sous conditions, être votée à une majorité assouplie. Le propriétaire qui déclare un meublé de tourisme doit également en informer le syndic. Relisez votre règlement, et gardez de bonnes relations avec vos voisins : c’est la meilleure protection.

Votre checklist 2026

  1. Déterminez le statut de votre logement : résidence principale ou non.
  2. Renseignez-vous auprès de votre mairie : plafond de nuitées, changement d’usage, zones ou quotas éventuels.
  3. Enregistrez votre meublé et affichez le numéro sur toutes vos annonces.
  4. Suivez le nombre de nuits louées dans l’année, toutes plateformes confondues.
  5. Relisez votre règlement de copropriété et informez le syndic.
  6. Vérifiez votre DPE et, si besoin, planifiez des travaux.
  7. Faites le point sur votre régime fiscal (micro-BIC ou réel, classement) avec un expert-comptable.
  8. Vérifiez qui collecte et reverse la taxe de séjour pour chaque plateforme.

Et My Home IT dans tout ça ?

Nous suivons pour vous le nombre de nuits louées dans votre espace Alfred et nous vous signalons les points d’attention que nous repérons. En revanche, nous ne remplaçons ni votre mairie, ni un juriste, ni un expert-comptable : la conformité de votre location reste sous votre responsabilité. Vous louez à Paris ? Notre page conciergerie Airbnb à Paris résume les règles locales. Si votre commune vous le permet, découvrez ensuite combien peut rapporter votre logement.

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