Mon avis d’hôte, pas un conseil juridique ou fiscal. Les délais et les règles cités viennent des sources officielles en bas de page ; le reste, c’est mon expérience.
- En location longue, on perd souvent la main : pas d’accès au logement sans l’accord du locataire, et une procédure pour impayés se compte en mois.
- En courte durée, plus de petits soucis, beaucoup moins de gros : le voyageur paie avant d’arriver.
- Vous gardez l’usage de votre logement, pour vous ou votre famille, et vous le voyez après chaque séjour.
- Ça rapporte plus seulement si c’est géré au standard d’un hôtel.
- Ce n’est pas pour tout le monde : plus de travail, et des règles à respecter.
Ce que j’ai vu depuis 2021
Je gère des logements en courte durée depuis 2021, pour leurs propriétaires. Bail classique ou courte durée : voici pourquoi je préfère la seconde, et ce qu’elle demande vraiment.
Je ne dis pas que la location longue durée est une mauvaise idée. Beaucoup de baux se passent très bien, et des garanties existent contre les impayés. Je vous dis ce que j’ai vu, et ce qui compte à mes yeux : que le propriétaire garde la main sur ce qu’il possède.
En longue durée, on perd souvent la main
Avec un bail d’habitation, votre logement devient le domicile de votre locataire. C’est la loi, et c’est normal. Mais concrètement :
- Vous n’entrez plus chez vous. Même avec un double des clés, le propriétaire n’a pas le droit d’entrer sans l’accord du locataire, même pour une fuite.
- Vous vous engagez longtemps. 3 ans minimum pour un logement vide loué par un particulier, 1 an pour un meublé. Vous ne le récupérez qu’à l’échéance, pour le vendre, l’habiter, y loger un proche ou pour un motif légitime et sérieux, avec 6 mois de préavis (3 en meublé).
- Vous découvrez l’état du logement à la fin. Parfois après des années. Et le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer hors charges en vide, 2 en meublé.
Et quand ça se passe mal
Un loyer impayé, c’est une procédure. La loi du 27 juillet 2023 l’a raccourcie, mais elle reste longue :
- Le commandement de payer : le locataire a 6 semaines pour régler (2 mois avant cette loi).
- Le juge : l’audience a lieu au moins 6 semaines après l’assignation. Il peut accorder jusqu’à 3 ans de délais de paiement.
- Le départ : après le jugement, un commandement de quitter les lieux, puis 2 mois avant l’expulsion. Le juge de l’exécution peut encore accorder un sursis d’un mois à un an.
- L’hiver : pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, un locataire sans relogement ne peut pas être expulsé.
Additionnez seulement les délais minimum : 6 semaines, 6 semaines, puis 2 mois. Près de 5 mois, sans compter l’attente d’une date d’audience, les délais de paiement, un sursis ou l’hiver. Pendant ce temps, vous continuez de payer les charges, la taxe foncière et, souvent, un crédit.
Le squat, lui, est mieux puni depuis cette même loi, dite « anti-squat » : jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende, sans trêve hivernale pour les squatteurs. C’est un vrai progrès. Mais un locataire qui reste après la fin de son bail n’est pas un squatteur : c’est la procédure ci-dessus qui s’applique.
En courte durée : plus de petits soucis, moins de gros
Je ne vais pas vous vendre du rêve. La courte durée, c’est plus de petits problèmes : une boîte à clés récalcitrante, un voyageur qui arrive à 23 h, une serviette tachée, une question sur le Wi-Fi. Du temps, tous les jours.
Mais les gros problèmes, ceux qui durent des mois, sont bien plus rares. D’abord, parce qu’il n’y a pas d’impayé de loyer quand c’est bien fait : le voyageur paie avant d’arriver, à la réservation ou selon l’échéancier de la plateforme. Sur notre site, c’est 100 % à la réservation.
Ensuite, parce qu’un voyageur n’a pas de bail d’habitation : il vient pour quelques nuits, à des dates fixées d’avance. Et le logement est vu après chaque départ : ménage, photos horodatées, état vérifié. Un souci se voit en quelques jours, pas en fin de bail.
Le pire ? Une fête, par exemple. C’est rare, mais ça arrive. Pour la sécurité de tous, on ne va pas au contact : on appelle le voyageur, on désamorce calmement, et c’est nous qui prévenons la police si besoin. Puis on réclame les dégâts, on suit le dossier jusqu’au bout et on remet vite le logement en location. Notre façon de faire, en détail.
Votre logement reste le vôtre
C’est peut-être le plus important.
- Vous pouvez l’utiliser. Vous bloquez des dates, pour vous ou votre famille, et le reste est loué.
- Vous le voyez. Vous y avez accès, vous connaissez son état, vous voyez les réservations, les avis et les chiffres.
- Vous savez ce que vous possédez. Certains propriétaires ne voient de leur bien qu’un chiffre par an, rarement réjouissant, et un logement qu’ils n’ont pas visité depuis des années.
Gagner plus, à une condition
La courte durée peut rapporter plus qu’un bail classique. Pas toujours : tout dépend de la ville, du logement, des règles locales et de la saison.
Et à une condition : la gérer au standard d’un hôtel. Ménage bien fait et contrôlé, linge impeccable, réponse rapide aux voyageurs, prix ajustés chaque nuit. Avec un état d’esprit de propriétaire qui ne veut rien investir, on finit avec des avis moyens, des prix bas et un calendrier vide.
Chez nous, le ménage se paie au temps réel, jamais au forfait : un forfait pousse à bâcler. Et si le bail reste meilleur pour vous, on vous le dit au premier appel. Faites le calcul avec vos chiffres : location nue, meublée ou Airbnb.
Ce que la courte durée demande vraiment
Pour être honnête jusqu’au bout, voici le revers de la médaille.
- Plus de travail : messages, arrivées, ménages, linge, petites réparations. Seul, c’est un second métier.
- Plus de frais par séjour : ménage, linge, consommables, énergie, et une commission si vous déléguez.
- Des revenus qui varient avec la saison et les évènements.
- Plus d’usure : chaque séjour use un peu le logement.
- Des règles : 120 nuits par an au maximum pour une résidence principale (jusqu’à 90 si votre commune l’a décidé), numéro d’enregistrement, et, dans certaines communes, une autorisation de changement d’usage pour un logement qui n’est pas votre résidence principale. Sans oublier le règlement de copropriété.
- Une fiscalité moins douce : depuis les revenus 2025, l’abattement micro-BIC d’un meublé de tourisme non classé est de 30 %, dans la limite de 15 000 € de recettes.
Le point complet : location courte durée, ce qui change en 2026. Si ces contraintes ne collent pas à votre situation, le bail classique est peut-être le bon choix. Ce n’est pas un échec.
Pourquoi je vends du contrôle, pas de la confiance
Beaucoup d’agences vendent de la confiance : « signez, on s’occupe de tout ». Parfois, ça marche. Mais une confiance systématique, sans rien voir, finit trop souvent en gestion floue : des relevés qu’on ne comprend pas, un logement qu’on ne visite plus, des comptes au nom de quelqu’un d’autre.
Moi, je vous vends du contrôle.
- Vos comptes et vos loyers à votre nom. Airbnb ou Booking vous versent directement ; notre commission est facturée à part, chaque mois.
- Votre logement, quand vous voulez. Vous bloquez vos dates, vous y passez, vous y logez votre famille.
- Tout se voit. Réservations, avis, relevé mensuel séjour par séjour, photos après chaque ménage.
- Pas de préavis. Si on ne fait pas le travail, vous partez. Seules les réservations déjà confirmées vont à leur terme.
Deux formules, selon votre envie : gestion complète 20 % TTC si vous déléguez tout, co-hôte à distance 10 % TTC si vous restez dans l’aventure avec nous. Sur ce que la plateforme vous verse, hors ménage et taxe de séjour. Logement déjà équipé ? On récupère les clés, nos prestataires passent, on démarre. À équiper ? Mise en place sur devis. Dans les deux cas, dès que possible : chaque nuitée compte. Le détail : nos tarifs et nos conditions.
Sources officielles
- Un propriétaire peut-il garder un double des clés du logement loué ? (Service-Public) ↗
- Location vide ou meublée : les différences (Service-Public) ↗
- Préavis et formalités du congé donné par le propriétaire (Service-Public) ↗
- Dépôt de garantie (Service-Public) ↗
- Loyers impayés et expulsion du locataire (Service-Public) ↗
- Quelles protections pour les propriétaires victimes de squatteurs ou de loyers impayés ? (Service-Public) ↗
- Squat d’un logement : que faire ? (Service-Public) ↗
- Loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023 visant à protéger les logements contre l’occupation illicite (Légifrance) ↗
- Mettre en location sa résidence principale (Service-Public) ↗
- Les locations meublées (impots.gouv.fr) ↗